News

04.05 – 17.06.2012
CENTRE DE LA PHOTOGRAPHIE GENEVE
28, rue des Bains, 1205 Genève, +41 22 329 28 35
Maya Bösch / Christian Lutz
Exposition : HØPE ou comment armer ses yeux
Installation photographique issue d’une création scénique

03.06 – 10.06.2012
Black Box, GRÜ / TRANSTHEATRE GENEVE
Création cie sturmfrei / Maya Bösch
HØPE, Howl & A statement on body, sound, space and time
avec Barbara Baker, Manon Andersen, Dorothea Schürch, Fred Jacot-Guillarmod, Pascal Gravat, Nicolas Leresche, Roberto Garieri, Gilles Tschudi, Nalini Selvadoray, Vincent Hänni, David Scrufari, Colin Legras, Thibault Vancranenbroeck, Sylvie Kleiber, Timo Kirez, Sophie Martin-Achard, Julia Studer, Mia Vranes, Lucie Gautrain, Victor Roy. 

01.09 – 31.12 2012
Travail de recherche, cie sturmfrei 
Tragedy Reloaded
Ré-écriture de l’Orestie

29.10-16.11.2012
LA MANUFACTURE, HETSR, Lausanne
Atelier, Tragedy Reloaded 

Lien : https://vimeo.com/40766767
Rétropsective du festival de performances JETER SON CORPS DANS LA BATAILLE ! programmé en novembre 2011 au Commun (BAC) Genève, dans le cadre de Who's afraid of performance art ? Film de Stéphane Darioly (Vidéocraft) et Maya Bösch (GRÜ/Transthéâtre Genève) 



Maya Bösch

Née en 1973 à Zürich, Maya Bösch se distingue aujourd’hui sur la scène artistique et culturelle par le caractère exploratoire et novateur des formes théâtrales qu’elle conçoit. Dans le cadre des études de mise en scène qu’elle suit à l’Université de Bryn Mawr de Philadelphie (USA), elle se concentre sur le Political Theatre. Elle travaille ensuite pendant trois ans aux côtés de plusieurs metteurs en scène au Castillo Theatre à New York, à Bruxelles, Berlin, Vienne, Zurich et Genève. En collaboration avec le theatercombinat Vienne, Claudia Bosse et Josef Szeiler, elle prend part à des projets collectifs d’expérimentations théâtrales et performatives. En 2000, elle fonde sturmfrei, compagnie indépendante au sein de laquelle elle explore des écritures contemporaines telles que Heiner Müller, Sarah Kane, Michèle Fabien, Antonin Artaud, Elfriede Jelinek, Mathieu Bertholet, Sofie Kokaj, Peter Handke, Allen Ginsberg...

Avec sturmfrei, elle impulse un mode de fonctionnement collectif, engagé tout au long du processus de travail. Ce qui suppose la conscience artistique et quasi politique de l’ensemble de ses collaborateurs. Conscience de participer à un projet commun qui s’inscrit dans une logique concertée. Inscrire l’objet théâtral dans le paysage urbain, exploser les gabarits du théâtre traditionnel en inventant, à chaque création, un nouveau rapport au temps et à l’espace, résister à la tendance consumériste d’une culture de masse dominante en défendant une approche artistique, critique et politique.

De 2006-2012, Maya Bösch codirige avec Michèle Pralong le GRÜ/Transthéâtre Genève, scène expérimentale et transdisciplinaire, www.grutli.ch. En 2011, elle est curatrice du festival de performances Jeter son corps dans la bataille !, dans le cadre de Who's afraid of performance art.

Obtention de la bourse Simon I. Patino pour la Cité International des Arts à Paris en 2002-2003. Obtention d’une bourse de la fondation Dr René Liechti en 2003 et en 2006. Bourse Pro Helvetia, TT Talente, Freies Internationales Forum, Theatertreffen Berlin 2009. Metteur en scène associée au Théâtre St.Gervais Genève 2006-2007 et au GRÜ / Transthéâtre 2011-2012. 

 

 

Théâtre

HAMLETMASCHINE H.Müller

CREATION : 12.1999
Escherwyss Unterführung Zürich 

Dans un décor industriel, un passage au sous-sol au milieu de la ville de Zürich, trois acteurs déconstruisent la fable de Hamlet. Décharges chorales. En billingue, allemande et française. 

Dans un passage souterrain zurichois au décor minimaliste, un chœur de trois acteurs bousculent les conventions théâtrales. Ainsi débute Müller : J'étais Hamlet.Je me tenais sur le rivage et je parlais avec le ressac BLABLA, dans le dos les ruines de l'Europe.Dans une perspective d’un « dialogue avec les morts », Müller interroge la signification du mythe d’Hamlet aujourd’hui. Mon drame s'il avait encore lieu, aurait lieu dans le temps du soulèvement".

Concept / Mise en scène: Maya Bösch
Dramaturgie: Anne-Christine Gnekow
Mise en espace / Costumes: Julie Maret
Lumière: Julie Maret, Maya Bösch
Entraînement: Anne Rosset
Photo: Curt Bremen

Avec: Keyu Cao, Anne-Lisa Ellend, Jesko Stubbe

Production: cie Aktionsgruppe avec le soutien de la Migros Kulturprozent, de la Fondation Oertli et de la Fondation zur Förderung der darstellenden Künste.

Remerciements: Jean-Michel Broillet, Erica Maurer, Andréa Ehrat, Dr. Jean-Pierre Hoby, Frau Kittelmann, Herr Manz, Herr Matousek, Frau Schaf, Steinfels & Partners AG, Philipp Stengele, Catharina Strebel, Schauspiel Akademie Zürich, Eva Kelemen, Melanie Hofmann, Andreas Gefe.

Théâtre

Souterrainblues P.Handke

Première Création 12.10-24.10.2010
Black Box GRÜ / Transthéâtre Genève 

Untertagsblues - Ein Stationendrama.

Souterrainblues est un cauchemar, un voyage intérieur en enfer. C’est une invective à jet continu qui installe le spectateur dans une essoreuse en pulvérisant toute convenance sociale. Lors d’un voyage en métro, un personnage central, l’homme fauve (tribun, trouble-fête ou ennemi du peuple), profère un long monologue qui ne cesse d’accuser, diffamer, maudire la condition humaine. Il raconte la complexité de l’existence occidentale et s’attaque aux contradictions multiples de l’ humain.

Peter Handke est reconnu pour avoir, entre autres, régénéré l’instrument théâtral. Dans une certaine mesure, les pièces de Peter Handke remettent en question l’histoire du théâtre. Elles cherchent à créer un théâtre utopique, engagé et révolutionnaire et s’inscrivent dès lors dans la continuité de ma recherche théâtrale sur les rapports contradictoires et douloureux de l’individu avec le monde. Après les pièces de Sarah Kane, Elfriede Jelinek, Heiner Müller, après le Richard III de Shakespeare, les thèmes tels que la douleur, la solitude, le manque, le rapport au pouvoir, l’incommunicabilité, la folie, trouvent ici un prolongement.

Evénement spécial dans le souterrains des Hôpitaux Universitaires de Genève
Horaires : 29 et 30 oct - 18h / 31 oct – 15h
Entrée par le Boulevard de la Cluse, 40 
Représentations aux HUG–26 CHF / 50 % des recettes seront reversés à la Fondation Artères

Texte Peter Handke (2003)
Editeur allemand Suhrkamp Verlag
Traduction Olivier Le Lay
Mise en scène Maya Bösch
Jeu Gilles Tschudi, Maelle Bellec
Scénographie Thibault Vancraenenbroeck
Son Rudy Decelière
Lumière Colin Legras
Dramaturgie Timo Kirez
Costumes Julia Studer
Maquillage Mia Vranes
Technique GRü 
Administration Estelle Zweifel, cie sturmfrei
Coordination Sandy Monney, cie sturmfrei

Production cie sturmfrei
Coproduction Grü / Transthéâtre Genève
Avec le soutien de la Ville de Genève - Département de la culture et du sport, La Loterie Romande, du Département de l’Instruction Publique du Canton de Genève (DIP), du Centre Wallonie-Bruxelles.
Remerciements: Théâtre de Carouge, HUG, AMEG, Pierre-Alain Tschudi, Bernard Schlurick, Mathieu Reverdin, Patrick Pot (Atelier de construction de décors de la Ville de Genève). 

 

Exposition / Installation

HØPE ou comment armer ses yeux Allen Ginsberg

EXPOSITION / INSTALLATION  03.-17.06.2012
Centre de la photographie Genève

HØPE ou comment armer ses yeux
Installation issue d’un processus de création scénique

De janvier 2011 à juin 2012, Maya Bösch initie un processus de création autour de la « Beat Generation ». Elle collabore avec plusieurs artistes sur des formes différentes de représentations : atelier, lecture, performance, création. En novembre dernier, elle crée avec sa compagnie sturmfrei, Howl, le poème phare d’Allen Ginsberg à la Biennale Charleroi Danses (B). Le photographe Christian Lutz accompagne ces différentes étapes de répétition et de représentation. Lors de son voyage à Las Vegas en décembre dernier, Christian en sort des parallèles entre deux réalités et les juxtapose : la vie et le théâtre.

Comment armer ses yeux face à l’autocratie économique et politique ? Comment armer ses yeux face aux évènements quotidiens ? Comment armer ses yeux face au pouvoir ? Comment armer ses yeux face à soi-même ? Ne pas voir pour mieux voir ?

Cette installation met en scène deux espaces qui se distinguent autant dans la forme que dans le fond. La première pièce restitue la diversité du processus de création et documente en noir et blanc le souvenir de ce théâtre de la pauvreté. La deuxième pièce compose en couleur des nouvelles réalités, croise théâtre et vie et ouvre ainsi sur des nouvelles perspectives et interrogations encore inconnues.

Une ode à ceux dans l’ombre, un carburant pour demain.

L’artiste Karelle Ménine s’entretient régulièrement avec la metteure en scène Maya Bösch : une réflexion en mouvement permanent, contradictoire, et éclairante sur l’art en train de se faire est présentée.

Concept : Maya Bösch
Photographie : Christian Lutz
Graphisme : Pablo Lavalley
Son : Karelle Ménine
Technique : Jean-Michel Broillet et Vanessa Bianchini

Production : cie sturmfrei
Coproduction : Centre de la Photographie Genève,
GRÜ/Transthéâtre Genève

Partenaires de Création : GRÜ/Transthéâtre Genève, Le Manège de Mons (B), Biennale Charleroi Danses (B), Pro Helvetia, La Loterie Romande, Ville de Genève-Département de la culture et du sport, Canton de Genève-Département de l’instruction publique

Remerciements à toutes les personnes qui ont participé à ce processus de travail :

Acteurs de la cie sturmfrei : Fred Jacquot-Guillarmod, Pascal Gravat, Pascal Merighi, Boubacar Samb, Nicolas Leresche, Roberto Garieri

Invitée spéciale : Noemi Lapzeson

Acteurs du Théâtre National de Bretagne (F) : Ambre Kahan, Duncan Evenou, Karine Piveteau, Marina Tek, Nathan Bernat, Romain Brosseau, Sarah Amrous

Guitaristes : Vincent Hänni, Jean-Marc Montera

Scénographe : Thibault Vancranenenbroeck

Lumières : Colin Legras

Son : Rudy Decelière

Dramaturgie : Timo Kirez

Assistante mise en scène : Sophie Martin-Achard

Régie générale : David Kretonic

Special Guest : Sofie Kokaj

Concept : Maya Bösch
Photographie : Christian Lutz
Graphisme : Pablo Lavalley
Mise en espace : Maya Bösch & Christian Lutz
Installation sonore : Karelle Ménine
Accrochage : Vanessa Bianchini & Nicolas Wagnières
Peinture :  José Pires Libérato
Technique :  Milija Pajic & Jean-Michel Broillet 
Production : cie sturmfrei
Coproduction : Centre de la Photographie Genève GRÜ / Transthéâtre Genève

Partenaires de création : Le Manège de Mons (B), Biennale Charleroi Danses (B) GRÜ / Transthéâtre Genève Pro Helvetia, La Loterie Romande VilledeGenève -Départementdelacultureetdusport Canton de Genève - Département de l’instruction publique.

Distribution et remerciements Acteurs de « Howl »: Fred Jacquot-Guillarmod, Pascal Gravat, Pascal Merighi, Boubacar Samb, Nicolas Leresche, Roberto Garieri 

Guitaristes : Vincent Hänni, Jean-Marc Montera

Collaboration ponctuelle : Mathilde Monnier

Scénographie : Thibault Vancranenenbroeck
Lumières : Colin Legras
Son: Rudy Decelière
Costumes : Julia Studer 

Special Guest : Sofie Kokaj
Invitée spéciale : Noemi Lapzeson

Acteurs du Théâtre National de Bretagne (F) : Ambre Kahan, Duncan Evenou, Karine Piveteau, Marina Tek, Nathan Bernat, Romain Brosseau, Sarah Amrous

 

Théâtre

Lui pas comme lui E.Jelinek

Première Création Suisse 01.2004
T50 Genève

Er nicht als er (Lui pas comme lui) 

Tournée:
11. 2004, Théâtre du Pommier, Centre Culturel Neuchâtelois (CCN) 
11. 2005, 2.21. Lausanne, Festival d’Automne.

Performance 10.2004
Dans la vitrine d'une petite boutique, rue des Etuves Genève. Durée 6heures 

Corps à corps poétique. Récit d’une errance physique et psychique
Elfriede Jelinek rend hommage au poète Robert Walser. C’est moins l’écriture du poète que sa folie qui est célébrée ici. Lui pas comme lui est le récit de l’errance physique et psychique du poète enfermé dont la douleur et hurlant : en moi je ne suis pas chez moi. Cette pièce invite le spectateur sur un territoire où l’extrême lucidité voisine avec l’égarement. Ici tout n’est que glissement de sens au fil d’un texte qui évoque sans jamais le nommer le destin psychiatrique du poète Robert Walser. Monologue à troix voix. Maya Bösch interroge constamment le corps et la voix comme les véhicules du langage poétique. La mise en scène crée pour l’œil les conditions d’une écoute particulière. Pour chaque lieu de représentation, un nouveau dispositif est inventé : ils sont soit nus, soit vu derrière une vitrine, ou encore marqués par une projection vidéo du texte.

Auteure : Elfriede Jelinek
Mise en scène: Maya Bösch
Scénographie: Julie Maret
Lumière: Jean-Michel Broillet
Régie: Orélie Fuchs
Photo: Curt Bremen, Hélène Göhring
Vidéo Tournée: Alexandre Simon
Graphisme Tournée: Aurélie Mertenat

Comédiens : Fred Jacot-Guillarmod, Vincent Coppey, Thibaud Saâdi

Production: cie sturmfrei
Avec le soutien du Département des affaires culturelles de la Ville de Genève, du Département de l’instruction publique de l’Etat de Genève et de la Loterie Romande.

Remerciements: Théâtre du Grütli, Mottattom, Françoise Mamie.

Performance avec Maya Bösch, Vincent Coppey, Prisca Harsch, Thibault Sâadi, Philippe Macasdar

Lectures

L'homme assis dans le couloir M. Duras

Lecture : 25.09.2008 à 22h
WHITE BOX, GRÜ/Transthéâtre Genève 

Corps à corps de Duras : Le récit d'une femme qui décrit un couple en train de faire l'amour.
« Un homme, une femme. Un homme assis dans l’ombre d’un couloir, une femme allongée dans un jardin à quelques mètres de lui On sait quelles niaiseries moralisatrices peut engendrer cette simplicité édénique. Marguerite Duras les esquive toutes à une altitude de sobriété et de rareté où l’oxygène manque pour en dire plus. Comme une émotion suffocante pour ce dernier épisode de ses aventures esthétiques (...) Pour dire cette simplicité fondamentale, Duras a renoncé aux coquetteries stylistiques qui firent précédemment sa renommée (...) L’écriture y gagne en intensité, tout entière dans ses répétitions, ses hésitations, ses troubles, ses silences, à la hauteur du sujet. L’occasion, encore une fois “ d’être saisi d’un doute d’ordre général ”. Et s’il est vrai qu’au cinéma, Marguerite Duras désire toujours tourner le désastre du film, alors il faut dire qu’en littérature elle ne cesse pas d’écrire le désastre du livre. » Gérard Lefort dans Libération, 22 mai 1980. 

Une lecture sur L’HOMME ASSIS DANS LE COULOIR de Marguerite Duras est donnée par des actrices du stage STILLE ! / H. Müller, dans le cadre de la semaine du goût lancée par le Café du Grütli. 

Concept / Mise en espace: Maya Bösch
Installation sonore: Michel Zurcher
Avec: Maelle Bellec
Maya Bösch
Christelle Legroux
Lucienne Olgiati
Marcela San Pedro

 

Théâtre

Crave S.Kane

[kRev]: un poème pour dire le chaos intime des sentiments

Première création suisse, Manque de Sarah Kane. Magnifique chant d’amour et de mémoires : invention d’une langue à la frontière de la poésie incantatoire, de la chorégraphie, de la musique et des arts plastiques. Tout concourt à dessiner la circulation de la parole dans l’espace en chorégraphiant les comédiens, ici, porteurs de voix dans une gestuelle et une présence des plus contenues. Les mots sont des scalpels qui mettent à jour les pensées, le chaos intime des sentiments ou encore la beauté et l’effroi que suscite un amour impossible à communiquer :on songe à un coeur gorgé de sang noir qui s'étouffe d'un trop-plein de vie, d'amour et de dégoût (N.Blondeau, Libération).

Mise en scène: Maya Bösch
Assistante et Entraînement: Cindy Van Acker
Scénographie et Costumes: Julie Maret
Couture: Frédérique Montero Ciscar
Lumière: Colin Legras
Relations Publiques: Mathieu Bertholet
Photo: Hélène Göhring
Coordination: Elodie Pichonnaz
Administration: Danielle Saintmartin<br>
Avec: Carine Barbey, Guillaume Béguin, Bruno Marin, Christine Vouilloz, Vincent Serrez

Production: cie sturmfrei avec l’appui de la Ville de Genève – Département des Affaires Culturelles et de la Loterie Romande.

Théâtre

Jocaste M.Fabien

Création 02.11-19.12.2004
T50 Genève 

« Je m’appelle Jocaste. Regarde-moi. Ni reine, ni veuve, ni épouse, ni mère. »

Mise à nue de Jocaste. La voix de la mère d’Œdipe s’élève et parle
Première création suisse, Jocaste de Michèle Fabien. Jocaste est la reine de Thèbes, épouse d'Œdipe, étranger monté sur le trône après avoir vaincu le Sphinx et sauvé la ville du monstre. Après dix-sept ans passés auprès de son bien aimé, elle découvre que ce dernier, le père de ses quatre enfants, n'est autre que son propre fils. L'oracle disait vrai, Jocaste se pend. Œdipe se crève les yeux et la peste s'abat sur Thèbes. Dans cette pièce, écrite par Michèle Fabien, le mythe d'Œdipe se lit dans les yeux de la mère, Jocaste, qui trempe dans les eaux de l'enfer et hurle l'horreur de sa condition. Certains passages se situent avant le verdict de l'oracle, lorsque Jocaste "ne savait pas", lorsque son amour envers Œdipe pouvait encore se muer en désir brûlant pour l'homme, non pour le fils. Ses souvenirs se mélangent, son cri de femme résonne avant d'être étouffé par la honte d'une mère anéantie, qui commet l'irréparable et permet au destin de s'accomplir.


Auteure: Michèle Fabien
Mise en scène: Maya Bösch
Scénographie: Thibault Vancraenenbroeck
Lumière: Colin Legras
Technique: Gianni Kaeser-Ceriani
Photo: Hélène Göhring
Graphisme: Aurélie Mertenat

Comédienne : Barbara Baker

Production: cie sturmfrei
Avec l’appui du Département de l’Instruction Publique de l’Etat de Genève et de la Loterie Romande.

Performance

Howlucination A. Ginsberg

Lecture-Performance, 4 février 2012

A "Zabriski Point", Rond-Point de Plainpalais Genève

Lors du TR4NS, GRÜ/Transthéâtre 
Maya Bösch propose une lecture du texte mythique d’Allen Ginsberg, Howl : mots et muscles mêlés. Images et pulsions, confondus. Une éruption de mythes et fantasmes, concrets, palpables. Les deux interprètes, Pascal Merighi et Vincent Hänni, sont enfermés dans le petit kiosque vitré de Plainpalais, mis sous tension, tendus sur le vif, dans une totale spontanéité. Le texte Howl a été censuré en 1956 car il a été jugé obscène et political incorrect.



Concept & Mise en lecture  Maya Bösch
Jeu Pascal Merighi
Son Vincent Hänni
Régie son Thierry Simonot

Production cie sturmfrei
Coproduction :  GRÜ / Transthéâtre Genève et la compagnie sturmfrei. 
Soutenus par la Ville de Genève – Département de la Culture et du Sport. 
Remerciements à : Mia Vranes, Jean-Michel Broillet, Zabriski Point, Ville de Genève - Service de l'aménagement urbain et de la mobilité, SEEP.

Théâtre

Hunger ! Richard III W.Shakespeare

Création 29.11-18.12 2005 
La Comédie de Genève

Métaphore sportive du règne de Richard III. Une guerre du XVème siècle pour dire nos guerres

Mise en scène de Richard III de Shakespeare. Pour Richard III, tous les moyens sont bons pour prendre et conserver le pouvoir, même les plus terribles. Sous les traits de cet archétype du scélérat et du tyran, Shakespeare explore les dimensions du mal sans oublier la force salvatrice du rire. Au fur et à mesure de ses crimes, Richard III va à son tour devenir un rouage du mécanisme impitoyable qu’il a engendré. Au travers d’une audacieuse métaphore sportive, le spectacle restitue ici l’incroyable musculature du texte shakespearien. La traversée du destin de ce roi sanguinaire se fait à un rythme haletant. Richard III est un oratorio de violence et de lamentation. La pièce fait déferler les souffles, les rythmes mais aussi les mots orchestrés aussi précisément que le serait un opéra du Mal.

Maya Bösch réécrit le cinquième et dernier acte de Shakespeare de manière à casser la symétrie manichéenne et rassurante de la pièce originale. Les fous courent toujours après le pouvoir, assoiffés de sang et d’argent, mais un jour les opprimés finissent par les renverser. Le nouvel épilogue laisse entendre la polyphonie chaotique du champ de bataille. Ici, les corps supplantent le texte. Hunger ! Richard III. Une faim de règne.

Auteur : William Shakespeare
Traduction : Jean-Michel Déprats
Mise en scène: Maya Bösch
Scénographie: Thibault Vancraenenbroeck
Dramaturgie: Michèle Pralong
Assistante / Mouvement: Marcela San Pedro
Son: Gérard Burger
Lumière: Jean-Michel Broillet
Vidéo: Alexandre Simon
Costumes: Anna Van Brée
Photo: Hélène Göhring
Auditrice: Sophie Martin-Achard

Comédiens : 
Fred Jacot-Guillarmod / duc de Gloucester, plus tard roi sous le nom de Richard III
Barbara Baker / la Reine Margaret
Véronique Alain / la Reine Elizabeth
Christine Vouilloz / Lady Anne
Thierry Jorand / la Duchesse York, Lord Hastings, le Gardien de la Tour
Matheo Zimmermann / le Duc de Buckingham
Roberto Molo / le Duc de Clarence, Stanley
Joelle Fretz / le roi Edouard IV, Messagers, le Lord-Maire de Londres, l’Êveque d’Ely, etc
Valérie Liengme / Sir Brakenbury, Lord Rivers, L’Archêveque d’York, etc
Guillaume Béguin / le fils de Clarence, un Meurtrier, un Hallebardier, etc, le Comte de Richmond, plus tard roi sous le nom d’Henry VII
Julie Cloux / un Gentilhomme, le Marquis de Dorset, Catesby, etc, le Prince Edouard
Special Guests / un Greffier

Production: La Comédie de Genève

Remerciements: Fondation du Stade de Genève, Grand Théâtre, Théâtre de Carouge, Théâtre Forum Meyrin, Kunstsalon WildeGaus(Berlin), Alex Sineha, Thomas Keller, Marie Charton, Philippe Macasdar, Magnolia Papastrasis, Christian Guggenbühl, Nathalie Tacchella, Adrien Kessler, Christophe Cupelin, Cosima Weiter, André Steiger.

Performance

Electre H.Müller

Performance : 09.2003
Ville Bernasconi, Grand Lancy
Dans le cadre de la Fureur de Lire

Performance viscérale et chorale qui touche aux origines mêmes du désir

Mise en scène d’ Electre de Heiner Müller dans l'intégralité de la Villa Bernasconi. Un texte violent sur le désir, le massacre et la mythologie dans une villa bourgeoise (Maison de Maître) au Grand-Lancy. Elektratext de Heiner Müller est une réécriture de la mythologie sur la maison des Atrée. Comme une sorte de bilan, Müller convoque les personnages fondateurs de notre civilisation à travers leurs destinées livrées au désir. L’acte de tuer est au centre de ce poème théâtral. La paix devient un désir intellectuel face à la guerre que l’homme désire et consomme instinctivement.

Le point de départ du travail de mise en scène consiste ici à établir ce texte sur la verticale de la villa Bernasconi. Les comédiennes sont assises sur des chaises jambes ouvertes dans la cage d’escalier de manière à faire communiquer le corps et l’espace intérieurs de la villa avec le paysage extérieur.

Les comédiennes parlent seules. Elles disent le texte en entier en respectant rythme et ponctuation. Elles se relayent, toujours à l’écoute l’une de l’autre. Trois variantes de composition forment un ensemble chorale, musicale, polyphone, à part l’insertion d’un véritable cœur. Le choix de la composition dépend de l’activité du public présent et est annoncé 5 minutes avant chaque représentation.

Concept et Mise en scène: Maya Bösch
Vidéo, Photo et Costumes: Julie Maret
Couture: Frédérique Montero Ciscar
Maquillage: Kathrin Zingg

Avec: Barbara Baker, Carine Barbey, Andrea Lapzeson, Marie Probst, Laurence Montandon, Marcela San Pedro.

Production: cie sturmfrei avec l’appui de la Ville de Genève, Département des Affaires Culturelles.

Théâtre

Geneva Lounging M.Bertholet

Première Création Suisse 04.2002
Comédie de Genève

Mise en scène d’un lounge bar où neuf figures se parlent. L’Histoire de la culture occidentale et les histoires des figures s’entrechoquent, se superposent, se fragmentarisent. Une expèrience d’espaces et de rencontres.
Première création suisse, geneva.lounging de Mathieu Bertholet. Une des quatre pièces commandées par le théâtre de la Comédie à Genève et jouées en avril 2002 dans le cadre de « C’est agaçant cette obsession qu’ont les auteurs encore vivants à être joués ! ». « Face à un lac et un jet d’eau, la superposition troublée d’un mythe antique et d’effluves de téléfilm à l’eau de rose. Orphée et Châteauvallon pour faire voir Genève depuis un lounge ». Quatre femmes et cinq hommes discutent de leur vie dans un bar lounge : entre distanciation superficielle et effleurement de l’intimité. Le bar lounge est un espace vide de transit, une zone de l’entre deux où les acteurs développent un langage et un mouvement pour échanger leurs histoires. Le lounge apparaît ici comme un espace de réflexion dans lequel il est possible de découvrir et de créer des relations et des histoires.

Auteur : Mathieu Bertholet
Mise en scène: Maya Bösch
Scénographie: Thibault Vancraenenbroeck
Assistant: Ulrich Fischer
Lumière: Colin Legras
Composition Musique: Sergej Newski
Costumes: Anna Van Brée
Maquillage: Nathalie Mouchnino
Accessoiriste: Vincent Stadelmann

Comédiens : Mathieu Bertholet, Jean-Charles Fontana, Jane Friedrich, Laurence Montandon, Nicolas Rossier, Sandro Palese, François Florey, Samir Guesmi, Anne-Frédérique Rochat, Nalini Selvadoray.

Production: La Comédie de Genève avec les soutiens de Pro Helvetia, SSA, Fondation Leenards.

 

Théâtre

WET! E.Jelinek

Création 07.-11.09.2006
Théâtre de l'Orangerie /La Bâtie - Festival de Genève

Une décharge poétique pour une nouvelle esthétique théâtrale.Temps imparti: lever et coucher de soleil
Première création suisse des deux textes d’Elfriede Jelinek: Je voudrais être légère et Sens:indifférent.Corps : inutile. Faire exploser une certaine doxa théâtrale et radicaliser le travail de la langue (élocution, son, respiration) : voilà l’essentiel du projet de mise en scène des deux textes fleuves de Elfriede Jelinek : Je voudrais être légère et Sens : indifférent.Corps : inutile. Dans ces deux courts écrits sur le théâtre, il y a de la violence, ou plutôt du sarcasme au sens premier du terme : ici les mots entament la chair. L’attaque est portée sur le comédien au profit de l’auteur et du spectateur. La polémiste autrichienne donne puissance à celui qui invente les mots et à celui qui les reçoit. Rien à celui qui les transmet. Rien à l’acteur. D’où le sentiment d’un champ de bataille.

Afin de matérialiser et faire émerger des perspectives pour un nouveau théâtre contemporain, sturmfrei expérimente ces textes par une recherche de la langue et du corps. L’action théâtrale gagne également un nouveau terrain de jeu en occupant la serre de l’Orangerie genevoise. La lumière naturelle tient lieu d’éclairage et donne le tempo du spectacle qui est joué au levé et au coucher du soleil. Pour les représentations du soir, Wet! finit dans le noir avec la tombée de la nuit, les représentations matinales finissent quant à elles dans une lumière des plus vives. Le spectacle se transforme en une expérience physique et intellectuelle pour le public.

Représentations lors du lever et coucher du soleil
Geneva, Switzerland • 7 septembre 2006 • 23:44 h.a. 46°10’N 6°9’E, Fuseau horaire GMT + 1.0 h. Aube 6:33, Crépuscule 19:26, Heure sidérale 21:16:47

Geneva, Switzerland • 8 septembre 2006 • 23:46 h.a. 46°10’N 6°9’E, Fuseau horaire GMT + 1.0 h. Aube 6:35, Crépuscule 19:24, Heure sidérale 21:22:45

Geneva, Switzerland • 9 septembre 2006 • 23:46 h.a. 46°10’N 6°9’E, Fuseau horaire GMT + 1.0 h. Aube 6:37, Crépuscule 19:22, Heure sidérale 21:26:41

Geneva, Switzerland • 10 septembre 2006 • 23:47 h.a. 46°10’N 6°9’E, Fuseau horaire GMT + 1.0 h. Aube 6:38, Crépuscule 19:21, Heure sidérale 21:31:07

Geneva, Switzerland • 11 septembre 2006 • 23:48 h.a. 46°10’N 6°9’E, Fuseau horaire GMT + 1.0 h. Aube 6:40, Crépuscule 19:19, Heure sidérale 21:36:04

Auteure : Elfriede Jelinek
Traduction : Yasmin Hoffmann, Maryvonne Litaize, Louis-Charles Sirjacq

Concept et Mise en scène: Maya Bösch
Dramaturgie: Michèle Pralong
Scénographie et Costumes: Thibault Vancraenenbroeck
Son: Michel Zurcher
Design et Photo: Regis Golay, FEDERAL

Comédiennes: Barbara Baker, Anne Marchand, Nalini Selvadoray
Special Guest / Chauffeur « belle voiture »: Philipp Sorg

Production: cie sturmfrei
Avec le soutien du Département des affaires culturelles de la Ville de Genève, du Département de l’instruction publique de l’Etat de Genève, de Pro Helvetia Fondation suisse pour la culture, de la Fondation du Dr. René Liechti, de la Fondation Ernst Göhner, de Migros pour-cent culturel.

Remerciements: La Comédie de Genève, 7273, NIKI « belle voiture », Michel Hirsig, Christian Vaney

Performance

Explosion T.Kirez

Performance 20.02.2010
Black Box GRÜ / Transthéâtre Genève
dans le cadre de TRANS2, chantier rayonnant 

L’explosion d’un acteur dans Journal d’un idiot / Dead in progress. Un délire acide sur la relation au réel et à l’actualité.

Ce qui m’intéresse dans le texte de Timo Kirez, « Le Journal d’un Idiot / Dead in Progress » est l’obsession qu’il a de dire NON. Il y a un an, Timo a quitté son poste de directeur créatif à l’agence publicitaire Mcan pour aller se réfugier dans le silence du théâtre. Aujourd’hui, il attend, il regarde, il écoute. Aujourd’hui, il fait entendre sa rage, sa douleur, son humour et ironie, son combat contre certaines instances du pouvoir. Son écriture est une bombe à fragmentation. Il mélange différents langages : du slogan, de la poésie, du récit avec une pincée d’Heiner Müller, de Bertolt Brecht, d’Ernst Jünger et de Friedrich Nietzsche. Pour ce texte, j’ai choisi un acteur avec un parcours d’envergure, qui met souvent son corps au service de la violence poétique et du théâtre. Avec cette performance EXPLOSION !, Fred Jacot-Guillarmod, va se faire exploser dans la black box après avoir dit NON à la vie et à Genève / 1932. 

Auteur : Timo Kirez
Mise en scène: Maya Bösch
Acteur : Fred Jacot-Guillarmod

Production : cie sturmfrei
Coproduction : GRÜ/Transthéâtre Genève
Remerciements: Lukas Berchtold/Salamandra pour l’explosion, tous les acteurs de l’école Serge Martin, Laurent Annoni, Florence Ineichen, Christophe Baltus, Renato Campora, Alexandra Camposampiero, Cathrine Favre, Marjorie Guillot, Toma Knezovic, Safi Martin, François De Riedmatten, Mikaël Rocher, Cathy Sarr, qui ont donné leur voix au chœur, et la technique du GRü.

Lectures

Howl A.Ginsberg

Lecture, 13 mars 2011
MAMCO Genève, appartement 

NOEMI LAPZESON LIT HOWL EN LANGUE ORIGINALE

Maya Bösch invite la chorégraphe Noemi Lapzeson à lire deux parties du poème Howl d'Allen Ginsberg dans sa langue originale. Cette invitation est porteur d'un geste symbolique et amoureux. Noemi sera accompagnée par l'artiste sonore Rudy Decelière.

Cette lecture est la première étape du processus de travail 2011-2012 mené par la compagnie sturmfrei sur la « Beat Generation ». 

Ce poème a été écrit en 1955 en anglais par Allen Ginsberg et fut édité en 1956 chez City Lights Books. Il fut traduit en français et puis fut publié dans une version bilingue chez Christian Bourgois en 1976.

Le poème Howl absolument « culte » se traduit par « hurler » ou « mugir », un texte d'une violence inouïe qui résonne encore aujourd'hui, 50 ans plus tard, avec cri de colère, fureur et puissance verbale. Il est révolutionnaire et nouveau, présentant une série de propositions lyriques et provocatrices, chantant les paradis artificiels, la critique politique ou la liberté sexuelle, avec des mots forts et incorrects pour l'époque : symboles de révoltes de cette époque. 

 

 

 


Auteur : Allen Ginsberg
Traduction : Jean-Jacques Lebel
Mise en lecture : Maya Bösch
Lecture : Noemi Lapzeson
Son : Rudy Decelière

Production cie sturmfrei
Avec le soutien du MAMCO Genève

Remerciement :
Françoise Ninghetto (Mamco), Jean-Michel Broillet (GRÜ/Transthéâtre Genève), Groupe KMA Genève, Vincent Hänni, Janet Crowe 

Théâtre

Inferno Dante

Création collective 2007-2008
GRÜ / Transthéâtre Genève

Labo d'enfer 1/8 & 7/8 & FINALE, processus collectif exclusive GRÜ
En enfer la seule chose qu’on a, c’est du temps.
Un processus de recherche théâtrale sur Dante par le collectif 3 et le GRÜ Genève. Première Création Suisse, Inferno de Dante. Maya Bösch participe en tant que metteur en scène à la création d’INFERNO. Ce processus de travail autour de L’Enfer de Dante se développe tout au long de la saison RE-, 2007-2008 par étapes jusqu’à la création finale. Pendant ces 10 mois de travail, Maya Bösch et le collectif 3 proposent trois représentations majeures, en automne le labo 1/8, au printemps le labo 7/8 et enfin en été pour la production intégrale d’INFERNO. S’ajoute une performance presentée lors du dernier printemps au Théâtre Le Galpon. Parmi les acteurs qui font partis de la compagnie et du collectif3, Barbara Baker, Fred Jacot-Guillarmod, Véronique Alain.

Performance 04. 2008
LE GALPON GENEVE 
Le dernier Festival de Printemps

Et leur peur se change en désir
Lors du (dernier) printemps du Galpon, le collectif 3 du GRÜ traversait les chants de Dante, le site Artamis, le théâtre du Galpon, les spectateurs rangés dans le gradin. Le collectif 3 était totalement nu : acte de résistance face à la fermeture des lieux alternatives à Genève.

Maya Bösch, Dorothea Schürch, Josef Szeiler, Sandro Amodio, Bernard Schlurick, Roberto Degrassi, Michèle Pralong, Regis Golay, Véronique Alain, Barbara Baker, Brice Cathrin, Jeanne de Mont, Lucie Eidenbenz, Roberto Garieri, Michèle Gurtner, Fred Jacot-Guillarmod, Jean-louis Johannides, Gael Kamilindi, Lucie Zelger

Performance Galpon Dante Risiko
Concept: Maya Bösch
Espace et Lumière: Sylvie Kleiber
Acteurs : Barbara Baker, Brice Cathrin, Fred Jacot-Guillarmod, Jean-louis Johannides, Roberto Garieri.

Dans Arts Scènes, Bertrand Tappolet, mai 2008

Depuis près d’une décennie, Dante semble devenir de plus en plus nécessaire au laboratoire des écrivains de plateau contemporains. Que l’on songe à une expérience au long cours préparée par 10 mois de travail et d’expérimentation au Théâtre du Grütli, Inferno.

Metteure en scène et co-directrice du Grütli, Maya Bösch a déjà monté Hamlet Machine de Heiner Müller et sait que terreur et pensée sont indissolublement liées. A l’aube des « répétitions », elle note : « nous sommes au milieu d’un chantier : parmi des textes de Dante, Pasolini, Sloterdijk, Heidegger, parmi des images de Greenway, de Godard, d’Adriana, de Pesce, de Doré, de Botticelli, de Hodler. Et les situations s’enchaînent : travail sur le chœur, sur le corps, l’espace et la voix. Improvisations qui défient. Noms pour commettre un crime : représenter l’enfer dans sa totalité : 33 chants + 1. » Cette expérience scénique a convoqué plusieurs praticiens de la scène, Sandra Amodio, Marco Berrettini, Maya Bösch, Michèle Pralong notamment, pour mener une dizaine d’interprètes dans les cercles concentriques d’un Enfer pavé de la certitude que l’opus magnum de la Renaissance italienne n’est qu’un parallélépipède de papier, un pur objet inerte qui se doit de subir la métamorphose d’une scène voulue dispersante, ouverte à toutes les circulations du regard et des corps. Se souvenant sans doute que la première bibliothèque du monde à Élam, en Mésopotamie, était agencée comme un cimetière, l’un des participants au « labo d’Enfer », travail préparatoire à la production finale, relève dans Le Journal de Dante, sorte de blog tissé d’impressions et de vécu intérieur du texte d’une grande physicalité : « la black box est un vaste palais où résonnent des voix, où l’on crie des balcons, arpente les cintres et génuflexe (sic) dans la galerie, s’entasse dans la vitrine. Où le Christ apparaît. Où l’on se suspend au plafond / où des fosses s’ouvrent sans que personne n’y tombe / où la parole se répand / parfois se repent ».

« Inferno », collectif Théâtre des origines Apparu à l’aube de la poésie italienne en langue vulgaire, La Divine Comédie représente pour l’histoire de la littérature italienne le « livre de l’origine » conçu dans la perspective de la fin de l’histoire et au seuil d’une palingénésie de l’humanité. A suivre les déplacements concentriques réalisés dans les coursives de l’immense nef du Grütli, (les coulisses sur le pourtour de la salle), tissés de marche, de courses à souffles touchants et à paroles exhalées des protagonistes de cet Inferno, on saisit que le voyage dans l’au-delà se développe selon un mouvement de spirale. Ainsi la metteure en scène Sandra Amodio œuvrant sur le 5e cercle, celui des coléreux pris dans la boue, souligne-t-elle que « le point de départ de ce travail est d’expérimenter la spirale comme traduction spatiale du vertige et de la perte de soi, tels que nous le comprenons dans le texte de Dante. » Violence et douceur enchevêtrées des corps exposés, leurs cris, leur rythme dérythmé, leur longue stridence ou plainte, la langue à champs de profondeurs multiples de matières faussement supposées inertes. Ainsi cette façon de faire résonner le ventre du théâtre en frappant les passerelles placées en surplomb à l’aide de longs tuyaux métalliques. Ou la valence dramaturgique de toute forme de présence organique. Et, surtout, l’expression, par toutes voies et moyens offerts par l’espace, les questions posées par toute vie, lorsqu’elle est vraiment vitale. À une structure scénique charpentée sur la distribution hiérarchisée entre le principal et l’accessoire, entre le champ et le hors champ, entre le cadre de scène et ses marges, succèdent de nouvelles circulations, des situations inédites, inouïes qui du coup se mettent à parler d’autres langues. Celle de la choralité, celle qui traverse ses trois femmes enchâssées tels des grâces condamnées qui chuchotent leur martyre dans les plis du Chant consacré aux hérétiques. Imperceptiblement, elles progressent sur une longue poutrelle boisée posée au sol : ligne decorps, cercle de mots soufflés. La voix individuelle ne se laisse que rarement détachée de l’espace de résonance du chœur-collectif. Motif archaïque, puisant bien au-delà des Grecs et des Latins, le leitmotiv porteur du poème est le voyage de Dante au pays des morts, sous la houlette de guides successifs. Si Dante s’inspire de la Bible, comment faire résonner, au théâtre, les mots de toutes les origines ? L’écriture ne peut passer du livre à la scène qu’en acceptant d’être mise à mal, déplacée, condensée en formes nouvelles. Ainsi le traitement du corps dans ses effondrements — réalisés parfois strate par strate dans une sidérante lenteur — ainsi que les chutes successives et inlassablement répétées, dessinent une sorte de tragique suspendu dont l’épaisseur rejoint celle d’un corps mené aux extrêmes de l’épuisement, le corps de Dante introduit au vers 28 du chant inaugural de l’Enfer : « Quand j’eu un peu reposé le corps las. » Épopée du corps de Dante, objet d’étonnement toujours renouvelé pour les damnés, parce qu’il a un poids, alors que ces ombres dépourvues de corps ne sont formées que d’une fumée vide. Pour tous, il est ce corps vivant, sujet de déchirante nostalgie. Présence d’un corps lourd, opaque, point parfois aveugle de tout dispositif de représentation scénique, source de trouble, d’impuissance, de fatigue, qui évoque sans cesse, dans le poème, l’aspect chamanique, initiatique et régénérateur d’un corps exposé continûment au risque de ne pas franchir l’épreuve. En développant la phénoménologie de la perception présente dans la Comédie, l’Inferno du Grütli affirme avec force que chez Dante chaque spectacle, humain ou cosmique, est saisi d’une manière éminemment concrète. Et réactivé, voire revécu par une imagination corporelle rigoureuse. De ce découpage visuel et tactile (une ligne de corps damnés, renversés comme empalés sur une balustrade de la black box), de cette corporalisation intense qui se révèle agissante à tous les niveaux du texte témoignent à la fois cet Inferno et le projet originel de Dante atteint alors d’une psychose paranoïaque aigue. Dante a développé tout un réseau d’une grande précision gestuelle, où le corps devient un équivalent du paysage, comme dans ce vers : « navire de mon esprit hisse les voiles ». Son voyage se conçoit comme une traversée hallucinée de l’expérience corporelle.

Bertrand Tappolet

Ils donnent/passent, revue Mouvement
Dossier de presse Labos d'Enfer
Labos d'Enfer 1, on est au début



Théâtre

Stations Urbaines E.Jelinek

Création 2006-2009
07/08, Stations Urbaines I, Théâtre St. Gervais Genève
04/08, Stations Urbaines II, Festival Archipel Genève
11-14.11.09, Stations Urbaines III, Biennale Charleroi/Danses (B)

Lieux insolites pour un théâtre politique. Ein Sportstück: Le sport pour dire la guerre.
2006-2008, Stations Urbaines Genève Première création suisse de Ein Sportstück (Une pièce de sport) d’Elfriede Jelinek. Un processus de travail de la compagnie sturmfrei de 2006 à 2008 qui développe de nouvelles formes artistiques pour un théâtre expérimental contemporain. Plusieurs stations sont proposées au public. La première s’ouvre avec la Bâtie - Festival de Genève en 2007 et reste ouverte au public pendant une saison théâtrale. Pour la dernière station qui présente une mise en scène intégrale du travail sur un terrain de sport, la compagnie cherche des partenaires. Ce processus de travail se construit autour de trois axes principaux : 1. Le texte-fleuve de Ein Sportstück (Une pièce de sport) par Elfriede Jelinek. C’est un flot musical de voix et de contre-voix qui expose l’absurdité et le pouvoir autoritaire des stéréotypes sociaux. Par exemple, l’économie politique, les corps productifs, le travail à la chaine, le sentiments de masse, le sport. Des émotions trop longtemps contenues, lâchées là comme des chiens, meute de voix aboyant, éructant, vociférant la haine, l’envie, la jalousie, la méchanceté, mass-médiocratie tout entière dégurgitée. 2. L’espace urbain comme situation théâtrale. Projection. Ecran. Décor. 3. L’expérience du spectateur dans le temps. Le théâtre pentagone est une pentagone en verre de 3m2 au sol et de 2m de haut, posé sur le toit du théâtre St-Gervais de Genève. Dans ce théâtre, accessible à un seul spectateur à la fois et pendant une année, seul le spectateur participe activement à la représentation. ll existe une diffusion courte et une diffusion de 5h de bande son. VOIR A HAUTE VOIX : cette recherche met en tension des contextes et des formes, tels que le texte et la ville, la voix de l’acteur et l’écoute du spectateur, l’absence physique de l’acteur et la présence de la ville à 360%, la solitude du spectateur, l’intimité et l’ouvert, le théâtre et le politique.

Festival Archipel, 14.04 2008 de 12h à 18h :  la configuration dans la cabine change et accueille cette fois-ci un groupe de 5 spectateurs à la fois au lieu d’un seul dans stations urbaines#1. Ce chiffre 5 correspond à la forme architecturale de la cabine ainsi qu’à la forme et au mouvement de la diffusion sonore. Le travail consiste à ouvrir le théâtre pentagone à une petite communauté ainsi mise en  relation avec le choeur qui porte le texte. Un microphone posé à l’intérieur du pentagone permet d’enregistrer en temps réel les remarques et commentaires qu’échangeront immanquablement les spectateurs entre eux, comme des incises dans le fleuve musical du texte sportstück de Jelinek.

Biennale Charleroi/Danses 2009, Stations Urbaines Charleroi (B) Stations urbaines sera re-configurée pour Charleroi pour une nouvelle interaction entre l'écriture de Jelinek, le corps du spectateur, le paysage de Charleroi. Au lieu de la cabine sonore pour un spectateur, les spectateurs à Charleroi sont invités à découvrir une sensation particulière d'écoute physique : Un camp est installé à la Vigie, sac de couchages, couvertures, coussins, podium, matelas… et cinquante trompettes organisent cet espace sonore aux multiples rythmes et voix. Le spectateur peut déambuler dans cet espace urbain, ponctuel, couvert d’une matière sensuel, il peut également s’asseoir ou se coucher. Un espace en expansion de son, totalement gonflé. On entend une course de voix d'acteurs mâchant et mordant l'ironie ardente de Jelinek, des sportifs dans un marathon qui maintenant sont intimement à coté de nous, qui planent sur nous ou sont sous nos couvertures, nous encerclent, nous attaquent ou nous séduisent lançant des flèches pour troubler notre conscience et notre gravitation physique dans ce haut lieu. Un univers cosmique ? Un souterrain ? Les muscles d'un cerveau féminin ?  Cette installation provoque le dialogue entre le corps et la matière sonore, un acte forcé. Les voix des acteurs nous amènent de l'intérieur à l'extérieur, géographiquement, physiquement, intellectuellement, afin que le son s'estompe dans le lointain du paysage des terrils. Welcome to SLEEP SOUND, stations urbaines Charleroi!

Auteure : Elfriede Jelinek
Traduction : Michel Deutsch
Concept, mise en scène: Maya Bösch
Conception scénographie, installation du « Théâtre Pentagone »: Sylvie Kleiber, Thibault Vancraenenbroeck, Claire Peverelli
Suivi travaux / réalisation: Martine Villard
Dramaturgie: Michèle Pralong
Assistanat: Pierrine Poget 
Son: Michel Zurcher
Collaboration Son: Pierre-Alain Besse
Entraînement Voix: Dorothea Schürch

Acteurs: Véronique Alain, Barbara Baker, Guillaume Béguin, Roberto Garieri, David Gobet, Fred Jacot-Guillarmod, Jean-louis Johannides, Philippe Macasdar, Anne Marchand, Jeanne de Mont, Anne-Frédérique Rochat, Nalini Selvadoray, Gilles Tschudi.

Production : cie sturmfrei
Coproduction : Théâtre St.Gervais Genève & GRÜ / Transthéâtre Genève
Avec le soutien de la Ville de Genève - Département des affaires culturelles, du Département de l’instruction public de l’Etat de Genève, de la Loterie Romande, de la Fondation Ernst Göhner et de la Fondation Dr. René Liechti (bourse artistique). 

Tournée : Maya Bösch (installation), Sylvie Kleiber (scénographie), Michel Zurcher (son)

Workshops

Howl Allen Ginsberg

Atelier, 14.03 - 01.04.2011
TNB, Théâtre National Bretagne (F), Centre européen 

J'ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, affamés, hystériques, nus...

Le projet de cet atelier avait comme centre de recherche dramaturgique, une époque historique qu'on appelle la « BEAT GENERATION (1955 – 1968) ». Le poème « HOWL » d'Allen Ginsberg, texte phare de cette époque était le point de départ pour de multiples recherches, lectures, réfléxions, discussions sur l'écriture, la fonction du théâtre dans une société en mouvement, le théâtre expérimental et la performance, l'art et le politique. La démarche consistait à sensibiliser les acteurs via des références de l'époque et du XXème siècle (écritures, contexte politique, manifestes, musiques, photographies, films,...) sur un terrain pratique, ludique et exigeant pour expérimenter, observer et développer les rapports que nous entretenons avec nous-mêmes et les autres, avec le corps, les mots, l'espace et le temps. Qu'est-ce que c'est un acteur aujourd'hui ?

Avec Ambre, Karine, Duncan, Marina, Nathan, Romain, Sarah

De Karine Piveateau

Mon Phoque d’ange américain

 Je suis avec toi

Dans ton paradis de crépuscule urbain et merdique vu par tes yeux chassieux de fou tonitruant sous les ponts métalliques des architectures anciennes

Je sais la non-contemporanéité de nos vies que rien ne réunira jamais puisque tu le sais le temps le temps a passé et tant de conséquences qu’on ne peut pas nier

Et c’est dur aujourd’hui tu sais même si jadis aussi sûrement nos deux époques si semblables la gabegie les affaires spirale spéculaire virage du monde à toute vitesse rugissement des éléments atome fission fusion neutralisée

Mais ensemble je sais vivre Nous côté à côte entremêlés ivres de joie féroce et mammifère

mes dents qui mordent la chair de tes phonèmes sanguinolents encore suintant la vie arrachée au temps présent aujourd’hui passé translaté futuriquement par bouche et ventre et jambes et cœur et cerveau et âme la mienne

Ca Scenae orchestra velum de mon cerveau en activité continuellement jusqu’au geste la mise en mouvement jaillissement vertébral éclatement des consciences et des morales – Ca c’est bien on s’en fout – dire ce que personne ne veut entendre Oser non pour la présence mais pour l’absence future quand le corps est seul avec ce qui l’habite confronté à ce qu’il y a dedans Crépitement La pensée comme des lucioles qui bouffent déchiquètent le cerveau lacèrent ce qu’il y a d’humanité refoulée au fond humanité laide et putréfiée telle que

 Je suis avec toi

Phoque des cinquante Nebraska Arkansas Oklahoma Iowa Colorado et New Jersey même si tu et je sais c’est foutu putain d’absurde puisque tu et je suce blow job you know mais fuck on peut bien quand même rêver je veux dire imaginer des virées brûlant courant parce qu’après c’est trop tard tu sais comment c’est Là je veux te mordre creuser ta peau avec mes mains et dans mes cuisses et glisser dans les plis le cou moi les oreilles autres orifices enfoncer jusqu’aux creux là où ça regorge et s’épanouit et coule et embrase couleurs de ciel d’hiver septentrional aurores boréales près des banquises du Nord du Canada et Paterson je connais pas

Moi aussi j’aurais voulu avaler du feu et des rasades incolores –be careful très inflammable chemin de fer pour des purgatoires en attendant l’extase apocalypse trop radicale oui mais putain je dors pas je suis avec toi Qui hante mes nuits et mes jours et mes minutes ensommeillées et ravies ton fantôme ne me convient pas Reviens j’aime pas les anges soupe sans sexe reviens je veux une dernière danse comme dans les films putain d’américain Reviens je dors nue tu sais en attendant J’ai appris la carte du globe des états-unis tu sais les cinquante étoiles en cinq minutes je le ferai je te dirai les montagnes et les villes je prendrai toutes les drogues j’allumerai tous les ciels les néons les lampadaires je veux pas que tu te cognes dans ma poubelle à papier quand tu rentreras j’apprendrai les imprécations nocturnes je me ferai sorcière je lirai dans les étoiles comment faire tomber les murs imaginaires de nos cerveaux en bouillie je me traînerai à l’aube comme les sirènes des bars je ferai les trottoirs et danserai l’Islam sur le macadam j’apprendrai les piqûres les caresses et les effractions M’enchaîner au métro je saurai Si tu veux m’attacher à ta cheville je saurai me dissoudre devenir l’ombre de ton sexe celle qu’on crucifie pour l’oubli et la mémoire j’ai toujours aimé les sacrifices humains promets moi seulement de manger ma viande je t’en prie ne me laisse pas pourrir au soleil j’ai peur des vautours Accable moi d’injures et de crachats mais ne m’abandonne pas Je veux finir molécule dans le sang de tes veines déchet dans tes reins être évacuée urine par ton sexe j’aimais le tenir tu sais apprendre à pisser comme toi j’ai su j’ai pas pu faire mieux pour être ce que je n’étais pas encore et ne serai plus parce que c’est trop tard c’est vrai Si pourtant tu m’acceptais dans ta mort Tu m’as refusée vivant après tout c’est justice Je veux pourrir avec toi arbre mort sur ta tombe et m’intégrer à la terre absorbée par l’humus sur le sol qui t’as décomposé Ensemble dans nos défaites transformées en épiphanie copulation finale de cloportes avant que –poussière tu seras ultime inextinguible jouissance avant le hurlement imprécatoire de notre humanité agonisante qui anéantira jusqu’à l’idée de notre existence dans le vide qui ne saura pas même nier ce que nous avons été

Je suis avec toi dans le non-être qui nous attend

Je t’aime en attendant

le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide le vide

Toi mon géant de Phoque d’américain  

Lectures

Voleur de vie C.Petr

Lecture : 29.10.2011
Au STUDIO de la Comédie de Genève 

Ces voix n’ont plus de corps. elles évoquent une tragédie dont l’impact dans les médias a été d’une violence extrême, grâce à une surenchère à l’hémoglobine, profondément traumatisante. Qui oubliera l’obus du marché de Sarajevo ? Le devoir obstiné de la mémoire.

S’il est important de traiter des horreurs de la guerre, et particulièrement d’une guerre ethnique, si proche dans le temps et l’espace, il existe autant de points de vue que de manières d’en parler.

Mise en scène: Maya Bösch
Mise en espace : Julie Maret

Avec Jane Friedrich et Jean-Charles Fontana

Workshops

Stille! H.Müller

Stille ! / Silence!
23.06. - 04.07.2008 Bruxelles (CIFAS)
22-26.9.2008 Black Box GRÜ / Transthéâtre Genève 

Workshop professionnel mené à Bruxelles et à Genève

Avec une insistance sur STILLE !, le corps est mis au profit de la langue, le travail pratique développe une histoire à travers les corps et l’espace. « Comment ériger les corps dans l’espace et comment inscrire nos contradictions, la confusion des paroles et l’obscurité du monde dans les corps afin qu’ils se soulèvent et se révoltent dans un espace sous tension ? » Ces deux OPEN LAB menés à Bruxelles et à Genève avec des acteurs et des danseurs professionnels travaillent sur des multiples configurations du matériau Müller.

Stille! à Bruxelles

Sous la direction artistique de Maya Bösch Entraînement physique: Agostina Baila, Brune Campos
Avec: Murielle Texier, Lionel Comellas, Pierre Megos, Estelle Franco, Jimmy Araujo, Emanuelle Texeraud, Agostina Baila, Coraline Clement, Celine Rallet, Charlotte Dupont, Cecile Brohez, Brune Campos, Conchita Paz, Selma Alaoui, Maelle Bellec

Stille! à Genève

Sous la direction artistique de Maya Bösch et Marcela San Pedro
Avec: Pascal Gravat, Maelle Bellec, Barbara Schlittler, Christelle Legroux, Joel Maillard, Marika Dreistad, Zoé Jaegger, Isabelle Cailla, Joelle Fretz, Mathieu Ziegler, Vincent Serez, Thibault Saadi, Myriam Boucris, Lucienne Olgiati, Natacha Jenny, Stefania Nuzzo

Théâtre

Howl & A statement on body, sound, space and time W.Müller / F.Schubert, A.Ginsberg, E.Jelinek, T.Kirez

Première Création 03.-10.06.2012
GRÜ, Transthéâtre Genève
Black box, white box, couloirs, Maison des Arts

GESCHICHTE IST EXPERIMENT

"Fremd bin ich eingezogen, fremd zieh ich wieder aus" (GUTE NACHT)
Etranger dans son propre monde, étranger partout, étranger à soi-même. La compagnie sturmfrei compose des errances multiples. Du silence des chants parlés de Schubert, à l’ironie grinçante de Jelinek, jusqu’au bruit du chaos contemporain de Ginsberg et Kirez, la voix fait exploration. Des motifs répétitifs qui se jettent à nos pieds comme des ruines d’une mémoire explosée. Fragmentation. Hybridation. Comment représenter le mouvement de l'âme ?

Un flux, une traversée de lieux, de temps, de corps, températures et sons. Etirer le silence des femmes et retarder le cri des hommes. Des thèmes comme l’amour, le désespoir et la solitude creusent les murs et la descente de ce bâtiment. "Geschichte ist Experiment". Une installation plastique, visuelle et surtout sonore". mb

Le projet HØPE se développe en deux volets successifs qui donnent lieu in fine à un choc esthétique. Cette création est un geste artistique de confrontation dont Maya Bösch a toujours rêvé. HØPE ou comment construire théâtralement un bastard pop (genre musical hybride). Il y a d'abord le volet Howl, monté autour du poète phare de la Beat Generation, Allen Ginsberg, avec un ensemble d'interprètes masculins dans un espace conçu par Thibault Vancraenenbroeck, puis le projet A statement on body, sound, space and time, monté autour du cycle Voyage d’hiver par Franz Schubert avec un ensemble d'interprètes féminins dans un espace conçu par Sylvie Kleiber. Au milieu, le retour de l’antithéâtre d’Elfriede Jelinek. Des garçons d'un côté, des filles de l'autre. Du 2 au 10 juin, les deux ensembles investissent tous les espaces du GRÜ où se joue la rencontre entre les deux créations de Maya Bösch. Un choc, une explosion, un dernier cri, conduisant à une fusion de tous ces interprètes sur une seule ligne. La dernière parole faisant vibrer le GRÜ expérimental, dirigé par Maya Bösch et Michèle Pralong.

Il y a ici différentes sortes de textes, mais qui sont tous des cris d'utopie: Wilhelm Müller, Allen Ginsberg, Elfriede Jelinek, Timo Kirez. Il y a aussi Vincent Hänni et Franz Schubert. Le voyage d’hiver, Howl, Je voudrais être légère et Radio Ophélia traversent la solitude, le désespoir et la folie du monde.

 A un moment, les deux créations, les deux équipes de comédiens se confronteront, sous la forme d’un bootleg scénique, féminimasculin. Ce choc sera le dernier spectacle de la direction Bösch-Pralong à la tête du GRÜ. Comme un dernier statement sur LAST / LOST GRÜ


Auteurs : Wilhem Müller / Franz Schubert, Allen Ginsberg, Elfriede Jelinek, Timo Kirez

Mise en scène :  Maya Bösch
Musique :  Vincent Hänni
Scénographie: Sylvie Kleiber et Thibault Vancranenbroeck 
Lumières : Colin Legras 

Comédiens:
Pour Franz Schubert : Dorothea Schürch, Barbara Baker, Manon Andersen, Vincent Hänni
Pour Allen Ginsberg : Fred Jacot-Guillarmod, Nicolas Leresche, Roberto Garieri, Pascal Gravat, Gilles Tschudi, Vincent Hänni
Pour Elfriede Jelinek : Nalini Selvadoray

Collaboration dramaturgique : Timo Kirez 
Assistante mise en scène : Sophie Martin-Achard
Son : David Scrufari
Installation sonore : Rudy Decelière
Costumes : Julia Studer
Maquillage : Mia Vranes
Technique : Victor Roy & GRÜ / Transthéâtre Genève 
Assistante de scénographie : Lucie Gautrain


Administration cie sturmfrei, Estelle Zweifel

Production sturmfrei, coproduction GRÜ/ Transthéâtre Genève.

Avec le soutien de la Ville de Genève et de la République et canton de Genève, de la Loterie Romande, du Service culturel Migros Genève, de la Fondation Göhner, de la Fondation Leenaards, Utopiana. 

Workshops

Le corps de l'acteur A.Artaud, E.Jelinek, R.Barthes, B.Preciado, S.Kokaj

Atelier, 18.05 - 05.06. 2009
TNB, Théâtre National Bretagne (F), Centre européen 

-        Travail sur la langue autour de différentes écritures théâtrales, philosophiques et musicales

-        Travail sur différents espaces architecturaux (intérieur et extérieur / urbains)

-        Travail individuel sur le corps et la langue

-        Travail de Chœur

-        Travail de composition entre différents textes et règles de jeu (option mise en scène)

-        Improvisation

-        Ecriture : protocole de travail de répétition


Avec Anne-Sophie Sterck, Chantal Reynoso, Emilie Quinquis de l'Ecole du Théâtre National de Bretagne 

  1. Espace de Questions (questions de Barthes et des comédiennes en temps réel)

  2. Le « JE » (Sofie Kokaj)

  3. Le chœur (Heiner Müller)

  4. Paysage de mort de Heiner Müller en superposition avec le commentaire de Sofie Kokaj

  5. Espace d’Artaud

  6. Perfo sur extrait de Beatrice Preciado

  7. Travail de Diagonale : chansons

  8. Paysage de murmures : chansons +  positionnement

  9. Lettre de Kurt Cobain

Théâtre

Drames de princesses E.Jelinek

Création 0.7-12.12.2010 
Comédie de Genève 

DRAMES DE PRINCESSES

Après RE-WET! et Ein Sportstück, la compagnie sturmfrei se penche à nouveau sur Jelinek et sur sa caractéristique déconstruction ludique et politique avec le texte Drames de princesses.

En 2000, alors que le parti d’extrême-droite de Jörg Haider (FPÖ) entre au gouvernement en Autriche, Elfriede Jelinek écrit les Drames de Princesses, une variation en cinq tableaux autour du thème La Jeune fille et la Mort. En donnant la parole à des femmes de légende, princesses des contes de notre enfance, comme Blanche-Neige ou La Belle au Bois Dormant, ou encore à des figures de nos mythologies contemporaines, comme Jackie Kennedy, Rosamunde ou Ingeborg Bachman, l’auteure dénonce avec un humour provocateur l’antagonisme entre ceux qui détiennent le pouvoir et ceux qui le subissent.

Note d'intention :
En cinq variations sur le thème de La Jeune Fille et la Mort, le prix Nobel de littérature Elfriede Jelinek fait la peau aux contes de fées et aux fantasmes qu’ils colportent sur les femmes. Blanche-Neige, la Belle au Bois Dormant, Rosamunde reine de Chypre, Ingeborg Bachmann et Sylvia Plath se dévoilent dans leur fragilité et leurs paradoxes sous la plume jubilatoire de l’auteure autrichienne.

Parmi elles, Jackie Kennedy. C’est sa partition que je choisis de faire entendre ici, comme symbole de ces destins sacrifiés aux stéréotypes féminins, au paraître, à la mode, à l'homme, au pouvoir et à l'Histoire. Sur le plateau, un corps à corps performatif entre trois comédiennes et un texte hautement transgressif qui est recomposé en trois langues (italien, allemand, français) à l'occasion de ce festival. Il s'agit donc d'une PREMIERE en langue italienne, créant ainsi une musique (entre voix parlée et chant) qui donnera des airs de deuils et de révolte.

Qui est Jackie ?
Le « drame » de Jackie vient du silence et du noir dans lesquels elle est plongée : on a toujours parlé à sa place et elle n’a aucune chance de se libérer des photographes, ce monde des paparazzis qui est entré dans son intimité et lui a volé sa parole. Jelinek banalise cette grande figure politique, qui se raconte ici de manière très émotionnelle : on pourra peut-être entendre la parole des femmes ou, à travers leur parole, leur silence éternel.

Mise en scène
Le travail de mise en scène s’approche d’une composition musicale faite de voix et de chant, mais aussi de sons, bruits, éructations provenant du corps féminin. Une volonté de faire référence à une voix minoritaire habitée par la violence des mots et un désir de renouveau. Une façon aussi d’ouvrir la voie à d’autres perspectives de sens. Entre immobilité et mouvements excessifs, le jeu mènera les actrices au bord des crises, de larmes, de rire... et tendra un miroir au spectateur. Apparaît alors l’absurdité de notre époque.

Résidence à Montévidéo-Marseille du 12 au 24 avril 2010 
Reprise au TPR, Théâtre Populaire Romand, La Chaux-de-Fonds, le 5 février 2011 
FIT Festival Internazionale del Teatro, Teatro Sociale Lugano,  28 octobre 2011
GRÜ/Transthéâtre Genève, Black Box, 31 octobre 2011 

Auteure : Elfriede Jelinek
Traduction : Magali Jourdan et Mathilde Sobottke
Concept et mise en scène: Maya Bösch
Dramaturgie: Michèle Pralong
Jeu : Véronique Alain, Susann Vogel, Dorothea Schürch, Christine Vouilloz, Lucie Zelger
Tournée : Véronique Alain, Barbara Baker, Dorothea Schürch 
Scénographie Sylvie Kleiber
Création lumière Jean-Michel Broillet
Costumes Julia Studer
Maquillage Mia Vranes
Entraînement voix et instrument Dorothea Schürch
Entraînement kung fu Dominique Falquet
Coordination Sandy Monney, cie sturmfrei
Administration Estelle Zweifel, cie sturmfrei 

Production: cie sturmfrei
Coproduction : Comédie de Genève - Centre dramatique / TPR, Théâtre Populaire Romand, La Chaux-de-Fonds / GRÜ Transthéâtre Genève.
Avec le soutien de Stanley Thomas Johnson Foundation, de la Fondation Leenaards et des Services industriels de Genève (SIG).
L’Arche est éditeur et agent de la traduction française.

Théâtre

RE-WET! E.Jelinek

Re-création 22-27.01 2008
Black Box, GRÜ/Transthéâtre Genève

Tournée :
06/08, Festival au Carré, Le Théâtre du Manège, Mons, Belgique 
06/09, Festival TJTC, Théâtre2Gennevilliers, France 
11/09, Journées de théâtre contemporainGRÜ/Transthéâtre Genève

Zones de combat: deux textes caustiques sur deux espaces.
Même textes caustiques que dans WET! Je voudrais être légère et Sens : indifférent. Corps : inutile. Mêmes comédiennes qui attaquent les codes théâtraux, l’individu et les rapports socio-politiques. Mais mise en scène différente : A chaque texte, un espace de jeu différent est proposé. Après une première représentation à la lumière naturelle de la serre de l’Orangerie genevoise, sturmfrei met cette fois-ci cette langue champ de bataille en boîte, dans des espaces clos au GRÜ. Cette mise en scène matérialise la pensée de Jelinek en inscrivant le spectateur dans les rouages de la représentation elle-même. Cette intégration du public au cœur du spectacle est conditionnée par Je voudrais être légère où il est question de lui et de sa prééminence. Par la mise en jeu du spectateur libre et mobile, Maya Bösch offre une perception physique, sensible et ludique de cet axiome de Jelinek : seul le spectateur est vrai . Chaque soir, pendant la représentation, un auteur est sollicité pour écrire en temps réel. Ecrire sur quoi ? Sur le théâtre bien entendu!

 

Auteure : Elfriede Jelinek
Traduction : Yasmin Hoffmann, Maryvonne Litaize, Louis-Charles Sirjacq

Conception / Mise en scène: Maya Bösch
Dramaturgie: Michèle Pralong
Scénographie / Costumes: Thibault Vancraenenbroeck
Son: Michel Zurcher
Lumière: Thibault Vancraenenbroeck, Maya Bösch
Administration: Christine-Laure Hirsig
Photo: Regis Golay, FEDERAL

Comédiennes : Barbara Baker, Anne Marchand, Nalini Selvadoray
Special Guest: Josef Szeiler

Auteurs au bord du plateau: Mathieu Bertholet, Sofie Kokaj, Manon Pulver, Michèle Pralong, Julie Gilbert, Francine Wohnlich

Production : cie sturmfrei
Coproduction : GRÜ/Transthéâtre Genève
Avec le soutien du Département des affaires culturelles de la Ville de Genève, du Département de l’instruction publique de l’Etat de Genève et de la Fondation du Dr. René Liechti (bourse).

Théâtre

Howl A.Ginsberg

Première Création 12.11 et 13.11.2011
Biennale Charleroi/Danses (B), Charleroi

HØPE, Howl a pour point de départ le texte Howl d’Allen Ginsberg: un poème mythique et phare de la Beat Génération qui sera le climax du spectacle. Ce poème fera l’objet d'un travail de chœur masculin, sonore et chorégraphique.

Ecrit en vers en 1955, le poème avance avec un beat à couper le souffle. Howl veut dire « hurler, mugir ». Il s'adresse aux grands esprits de cette génération. Un hommage aux oubliés, aux drogués, aux morts. Une ode et un poème d’amour qui ne cesse de crier le désespoir.

Allen Ginsberg empoigne les mots comme des armes ou des balles visant le pouvoir politique, économique, le langage social et conventionnel afin de soulever la terreur sociale. Mais la force de ce poème réside dans le rythme, dans la virtuosité de sa langue et dans les images qu'il provoque : une écriture expérimentale et automatique, qui se tisse, se construit ou se déconstruit pendant une après-midi sous drogue hallucinogène. Le cri de Ginsberg lui a coûté la prison et la censure.

Le processus de travail 2011-2012 sur la Beat Generation produit plusieurs formes scéniques : lecture, performance, atelier, création, exposition/installation photographique.



Auteur : Allen Ginsberg
Traduction : Jean-Jacques Lebel
Mise en scène : Maya Bösch 
Scénographie : Thibault Vancraenenbroeck
Lumières : Colin Legras 
Son : Rudy Decelière 
Dramaturgie : Timo Kirez 
Assistante mise en scène : Sophie Martin-Achard
Chorégraphie (collaboration ponctuelle) : Mathilde Monnier
Costumes : Julia Studer
Guitariste : Jean-Marc Montera 
Guitariste : Vincent Hänni 

Comédiens, Danseurs, Performeurs : Fred Jacot-Guillarmod (acteur), Roberto Garieri (acteur), Pascal Gravat (danseur), Pascal Merighi (danseur), Nicolas Leresche (performeur), Boubacar Samb (acteur), Sofie Kokaj (embedded artiste)

Régie générale : David Kretonic
Photographie : Christian Lutz 
Administration : Estelle Zweifel 
Coordination : Sandy Monney 

Production cie sturmfrei
Coproduction Charleroi Danses / GRÜ/TransThéâtre Genève / le Manège.Mons - Centre Dramatique
Soutenu par le Département de la culture et du sport de la Ville de Genève, le Département de l'instruction publique du Canton de Genève, La Loterie Romande, Pro Helvetia

 

Remerciements :
A.M.E.G., La Ribot, Association Pré en bulle, Thierry Simonot, Adrien Kessler, Denis Schuler, Marco Defreitas, Titi, Jean- Jacques Bonvin, Carlos Lopez, Association Database, Mamco Musée d’art moderne et contemporain (CH), Ecole du Théâtre National de Rennes (F).

Ce spectacle sera repris du 02 - 10.06.2012 au GRÜ / Transthéâtre à Genève et le 07.07.2012 au Manège de Mons, Festival au Carré (B).

Théâtre

DEFICIT DE LARMES Sofie Kokaj

Première Création 06-18.10.2009
Black Box GRÜ / Transthéâtre Genève 

« Tentative de créer une forme de rage devant le réel », Maya Bösch

Cette fois-ci, Maya Bösch est entrée en répétitions avec une jonchée de textes. Tout commence, en tête-à-tête avec chacun des huit comédiens, par une mitraille de questions personnelles sur l’intranquillité du monde. Histoire de mettre l’interprète en je. Déficit de larmes se nourrit d’entretiens, de livres, de textes, du bruit du monde et du silence de l’émotion. Toutes matières que Sofie Kokaj, auteure, embrasse et met en forme depuis le bord du plateau, embarquée dans les répétitions pour écrire en temps réel. Un théâtre très physique, dansant, fait de fragments, de rencontres, d’accidents. Une vague reflétant les sensations troublantes de l’humain: de la rage à la tendresse.
- Michèle Pralong 

 

Chœur de récitants - Genève, 20.VI.09, Bernard Schlurick

-       Il y a aujourd’hui un déficit de larmes.

-       Surtout au théâtre.

-       Oui. Plus personne ne pleure, au théâtre.

-       Pas plus dans la salle que sur la scène.

-       Aurions-nous épuisé toutes nos larmes  ?

-       Toutes les occasions de pleurer ?

-       Jusqu’aux raisons de pleurer ?

-       Oui. C’est la saison sèche.

-       La saison du chagrin absolu.

-       Un chagrin qui se passe de larmes.

-       Qui passe outre aux larmes.

-       Qui naît au-delà des larmes.

-       Un chagrin tellement grand…

-       … que pleurer le diminuerait.

-       L’amoindrirait.

-       Le décrierait.

-       La vraie douleur, quoi.

-       Oui. Jusque-là, nous n’avions que de tout petits chagrins.

-       Des chagrins de rien du tout.

-       Pas la peine d’en parler.

-       A peine de quoi verser quelques larmes.

-       Aujourd’hui, nous sommes au-delà des larmes.

-       Nous souffrons d’une douleur sans fin.

-        Sans trêve, sans repos, sans relâche.

-       Oui. Nous connaissons une douleur qui ne connaît pas de fin.

-       Une douleur sans deuil ?

-       Une douleur qui ne permettrait pas que nous fissions le deuil de ce dont elle est douleur.

-       Une douleur qui ferait tarir les larmes.

-       Et jusqu’aux plaintes qui lui donneraient voix.

-       Oui. Une douleur sans larmes, sans plaintes, sans voix.

-       Une douleur… comment dire ?

-       Une douleur sans théâtre.

-       C’est ça. Une douleur sans tout ce théâtre des larmes, des plaintes, des cris.

 


Auteure: Sofie Kokaj
Mise en Scène : Maya Bösch
Assistante : Sophie Martin-Achard
Scénographe: Thibault Vancraenenbroeck
Son: Michel Zurcher
Lumières: Colin Legras
Costumes:  Julia Studer
Régie générale : Victor Roy 

Acteurs : Barbara Baker, Maelle Bellec, Fred Jacot-Guillarmod, Anne Marchand, Christelle Legroux, Nicolas Leresche, Boubacar Samb + Special Guest Bernard Schlurick

Entraînement: Sandra Piretti (Yoga), Noemi Lapzeson (Yoga), Dominique Falquet (Saolin Kungfu)
Diffusion: Charlotte Jacquet
Coordination : Sandy Monney
Administration: Lili Auderset     

Production : cie sturmfrei
Coproduction : GRÜ/Transthéâtre Genève
Avec le soutien de la Ville de Genève - Département des affaires culturelles, du Canton de Genève - Département de l'instruction publique, de la Loterie Romande 

 

sturmfrei

sturmfrei est une compagnie qui se caractérise par un théâtre expérimental et de création. La compagnie travaille régulièrement avec des artistes suisses, français et belges, ainsi qu’avec des artistes du domaine de la performance et de la danse : Thibault Vancranenbroeck, Colin Legras, Rudy Decelière, Fred Jacot-Guillarmod, Roberto Garieri, Nicolas Leresche, Gilles Tschudi, Pascal Merighi, Barbara Baker, Nalini Selvadoray, Anne Marchand, Dorothea Schürch, Noemi Lapzeson, Marcela San Pedro, ...
Plusieurs langues sont souvent intégrées dans une création, grâce aux oeuvres choisies d’origine allemande, mais aussi à cause du parcours personnel de la metteuse en scène qui s’est développé à Zurich, New York, Bruxelles, Vienne et Berlin. sturmfrei  reste néanmoins une compagnie genevoise engagée dans le paysage culturel romand.

sturmfrei  a été fondée en 2000 à Genève autour de Maya Bösch. La compagnie fait des créations d'oeuvres contemporaines, des installations, des lectures et des performances. Elle porte l'identité d'une compagnie expérimentale et de recherche pour un théâtre politique. sturmfrei  crée des espaces particuliers de représentations, de nouvelles architectures pour renouveler le rapport entre spectateur et acteur. Une réflexion philosophique, architecturale et performative accompagne régulièrement la compagnie dans ses créations qu'on pourrait comprendre comme une continuité d'une même histoire qui questionne notre temps. sturmfrei  travaille en Suisse, en France et en Belgique.

sturmfrei a travaillé avec Sandy Monney (coordinatrice), Estelle Zweifel (administratrice), Charlotte Jacquet et Elodie Loubens (diffusion).  Depuis 2012, la compagnie se coordonne avec Estelle Zweifel et Maya Bösch. 
Depuis 2012, sturmfrei  est conventionnée par la Ville de Genève-Département de la Culture et du Sport et du Canton de Genève-Département de l'instruction publique. En Suisse, la cie sturmfrei a crée et a tourné:

  • A Zürich, Unterführung Escherwyss:  HAMLETMASCHINE de Heiner Müller

  • A Neuchâtel, au théâtre du Pommier et à Lausanne au 2 21

  • A Bâle au Schauspielhaus durant « Stückparcours »

  • A la Chaux-de-Fonds, au Théâtre Populaire Romand (TPR) La Chaux-de-Fonds

  • A Bellinzona durant le « Festival International del Teatro »

  • A la Comédie de Genève, au Galpon, à la Villa Bernasconi, au T50, au Théâtre St Gervais et à l'Orangerie et dans le cadre du Festival de La Bâtie, au GRÜ / Transthéâtre Genève

En Belgique, la cie sturmfrei a tourné:

  • Au Manège de Mons/Festival au Carré (B): RE-WET!  de Elfriede Jelinek

  • A Charleroi durant la Biennale Danses (B): STATIONS URBAINES

  • A Charleroi durant la Biennale Danses (B) : HOPE, Howl

En France, la cie sturmfrei a tourné:

  • Au Théâtre de Gennevilliers (F) : RE-WET de Elfriede Jelinek

  • A Marseille à Montevideo (F): DRAMES DE PRINCESSES

Créations
HØPE, Howl (Allen Ginsberg) / DRAMES DE PRINCESSES (Elfriede Jelinek) / SOUTERRAINBLUES (Peter Handke) / DEFICIT DE LARMES (Sofie Kokaj, Elfriede Jelinek, Pier Paolo Pasolini) / RE-WET & WET (Elfriede Jelinek) / EIN SPORTSTÜCK :  STATIONS URBAINES 1-3 (Eflriede Jelinek) / INFERNO (Dante) / RICHARD III (Shakespeare) / LUI PAS COMME LUI (Elfriede Jelinek) / JOCASTE (Michèle Fabien) / GENEVA.LOUNGING (Mathieu Bertholet) / CRAVE (Sarah Kane) / HAMLETMASCHINE (Heiner Müller).Performances
Howlucination (d’après Howl d’Allen Ginsberg) à Zabriski Point, Rond-point de Plainpalais Genève / EXPLOSION (d’après Timo Kirez), black box GRÜ Genève / L'HOMME ASSIS DANS LE COULOIR (d’après Marguerite Duras), white box GRÜ Genève / ELECTRE (d’après Heiner Müller), Villa Bernasconi Petit-Lancy

 

Liens