STATIONS URBAINES

Lieux insolites pour un théâtre politique. Ein Sportstück: Le sport pour dire la guerre.

2006-2008, Stations Urbaines Genève
Première création suisse de Ein Sportstück (Une pièce de sport) d’Elfriede Jelinek. Un processus de travail de la compagnie sturmfrei de 2006 à 2008 qui développe de nouvelles formes artistiques pour un théâtre expérimental contemporain. Plusieurs stations sont proposées au public. La première s’ouvre avec la Bâtie – Festival de Genève en 2007 et reste ouverte au public pendant une saison théâtrale et la deuxième avec la Biennale Charleroi-Danses en Belgique. Pour la dernière station qui présente une mise en scène intégrale du travail sur un terrain de sport, la compagnie cherche encore des partenaires. Ce processus de travail se construit autour de trois axes principaux : 1. Orchestration de l’entier texte-fleuve de Ein Sportstück (Une pièce de sport). C’est un flot musical de voix et de contre-voix qui expose l’absurdité et le pouvoir autoritaire des stéréotypes sociaux. Par exemple, l’économie politique, les corps productifs, le travail à la chaine, le sentiments de masse, le sport. Des émotions trop longtemps contenues, lâchées là comme des chiens, meute de voix aboyant, éructant, vociférant la haine, l’envie, la jalousie, la méchanceté, mass-médiocratie tout entière dégurgitée. 2. Transformer un espace urbain en une situation interactive et performative. Projection. Ecran. Décor. 3. Proposer une expérience inédite au spectateur dans le temps. Le théâtre pentagone est une pentagone en verre de 3m2 au sol et de 2m de haut, posé sur le toit du théâtre St-Gervais de Genève. Dans ce théâtre, accessible à un seul spectateur à la fois et pendant une année, seul le spectateur participe activement à la représentation.

ll existe une diffusion courte et une diffusion de 5h de bande son. VOIR A HAUTE VOIX : cette recherche met en tension des contextes et des formes, tels que le texte et la ville, la voix de l’acteur et l’écoute du spectateur, l’absence physique de l’acteur et la présence de la ville à 360%, la solitude du spectateur, l’intimité et l’ouvert, le théâtre et le politique.

La Bâtie – Festival de Genève, 2007 : Inauguration du Théâtre Pentagone

Festival Archipel, 14.04 2008 de 12h à 18h :  la configuration dans la cabine change et accueille cette fois-ci un groupe de 5 spectateurs à la fois au lieu d’un seul dans stations urbaines#1. Ce chiffre 5 correspond à la forme architecturale de la cabine ainsi qu’à la forme et au mouvement de la diffusion sonore. Le travail consiste à ouvrir le théâtre pentagone à une petite communauté ainsi mise en  relation avec le choeur qui porte le texte. Un microphone posé à l’intérieur du pentagone permet d’enregistrer en temps réel les remarques et commentaires qu’échangeront immanquablement les spectateurs entre eux, comme des incises dans le fleuve musical du texte sportstück de Jelinek.

Biennale Charleroi/Danses 2009, Stations Urbaines Charleroi (B) Stations urbaines est re-configurée pour Charleroi pour une nouvelle interaction entre l’écriture de Jelinek, le corps du spectateur, le paysage de Charleroi. Au lieu de la cabine sonore pour un spectateur, les spectateurs à Charleroi sont invités à découvrir une sensation particulière d’écoute physique : Un camp est installé à la Vigie, sac de couchages, couvertures, coussins, podium, matelas… et cinquante trompettes organisent cet espace sonore aux multiples rythmes et voix. Le spectateur peut déambuler dans cet espace urbain, ponctuel, couvert d’une matière sensuel, il peut également s’asseoir ou se coucher. Un espace en expansion de son, totalement gonflé. On entend une course de voix d’acteurs mâchant et mordant l’ironie ardente de Jelinek, des sportifs dans un marathon qui maintenant sont intimement à coté de nous, qui planent sur nous ou sont sous nos couvertures, nous encerclent, nous attaquent ou nous séduisent lançant des flèches pour troubler notre conscience et notre gravitation physique dans ce haut lieu. Un univers cosmique ? Un souterrain ? Les muscles d’un cerveau féminin ?  Cette installation provoque le dialogue entre le corps et la matière sonore, un acte forcé. Les voix des acteurs nous amènent de l’intérieur à l’extérieur, géographiquement, physiquement, intellectuellement, afin que le son s’estompe dans le lointain du paysage des terrils. Welcome to SLEEP SOUND, stations urbaines Charleroi!