PIECES DE GUERRE EN SUISSE

Pièces de guerre en Suisse est une trilogie théâtrale écrite par Antoinette Rychner.

Les 3 pièces qui la constituent s’intitulent : Rétablissement de la peine de mort, Les ennemis et Grande paix. Plus qu’une réelle intention de faire référence à l’héritage d’Edward Bond, le choix de ce titre emprunté vise surtout un effet de télescopage entre l’image de neutralité véhiculée par la Suisse et le mot « guerre ». Un effet presque comique. Dans cette curieuse confrontation entre la notion de « guerre » et de « Suisse » découle en fait toutes les thématiques de la pièce. Qu’on parle du rétablissement de la peine de mort, de la peur d’être « envahi » par les migrants qui affluent ou de situations de consumérisme paisible en apparence, la chose explorée travaille toujours autour des représentations de la violence dans l’esprit d’un peuple qui n’a, de fait, pas ou très peu connu de conflits armés (Suisse comprise ici depuis 1840 en tout cas, en termes de population, territoire et Constitution moderne), mais dont le pays, n’étant pas aussi étanche que l’appellent à l’être les discours politiques les plus populistes et isolationnistes, participe à générer de la violence dans le monde.

De manière subtile, l’écriture pointe nos injustices, nos mélectures et nos méfiances, notre réel hybride, ce que nous faisons et pensons tous les jours, ou pas, quand nous prenons le bus, quand nous passons devant les affiches de campagne qui masquent l’horizon, quand nous lisons les journaux, le fil de l’actualité Facebook ou encore un livre. De quoi avons-nous peur ? Le travail d’Antoinette Rychner, par digressions, oppositions et épuisements, cherche à relier les mille et un crimes qui nous hantent. Pour au final : exploser nos mensonges, et ouvrir de nouvelles perspectives.

C’est un texte qui cherche à travailler sur les contrastes, les frottements, et qui questionne la possibilité de se sentir à l’aise quand on jouit d’une relative prospérité et de paix sociale, tout en sachant que le monde est à feu et à sang, et que l’on sent chavirer de grands États démocratiques, dont certains sont voisins.

Structurellement, à l’intérieur des trois pièces et des sections, le texte prend la forme de fragments.

Le texte est encore en travail.