Atelier Tragedy Reloaded 2

Atelier de Formation

Maya Bösch mène un atelier à l’école du Théâtre National de Bretagne.

Présentation publique le 29.01.2014.

To reload the tragedy : Recharger la tragédie c’est redonner une représentation contemporaine au tragique. C’est le remettre à l’échelle humaine, à portée de notre sensibilité.

L’atelier Tragedy Reloaded a proposé de renouveler la forme théâtrale d’abord à partir de la re-configuration de la matière textuelle conventionnelle : non pas un texte dramatique entier mais une composition de fragments de textes, et de textes pas forcément dramatiques. Une juxtaposition de plusieurs langues créant une partition. Le thème : le tragique et sa résonance contemporaine. Dans Eschyle et Sophocle, dans Heiner Müller, Elfriede Jelinek ou Ulrike Meinhof, par exemple, des séquences ont été extraites dans l’optique d’un collage. Le processus de collage dans la dramaturgie  appelant au plateau la mise en scène de fragments de situations scéniques structurés comme des installations plastiques via les lumières et le son et leur montage les uns avec les autres. L’espace évidé s’offre en un volume libre permettant de multiples projections, en une chambre d’échos pure.

C’est dans le battement entre les fragments comme, à l’intérieur du fragment dans la temporalité du dire, que se joue la bataille du rythme.

A l’écoute de l’émergence de ce beat, il a s’agi dans l’atelier de rechercher une qualité de présence d’acteur radicale à l’échelle de la nudité du plateau.

La recherche d’acteur proprement dite a été axée sur quatre éléments fondamentaux non hiérarchisés : le corps, l’espace, le temps, la langue. Carré dessinant le territoire de l’acteur. L’acte de l’acteur a été expérimenté à partir de l’exploration de de la prise de parole et du dire en tant qu’ils constituent des actes ; de la dissociation du mouvement et du dire ; de la production d’un espace à partir du regard et de l’écoute ; et de la conscience de soi dans l’espace et cela aussi par rapport aux variations des formations d’acteurs (choeur, solo, duo, trio, collectif de solitudes, etc.). L’acte ne se réalisant pas dans la production d’un résultat mais dans la tenue d’une recherche live, dans l’affirmation d’une clarté de l’apparition de l’actant.

C’est l’expérience d’un théâtre comme combinatoire complexe, « rechargé » (« reloaded ») d’une manière où le formalisme architecture une parole exposée, vivante, en un geste contemporain de notre temps.

Rennes, Mari-Mai Corbel